• Événement Estival 2024

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[Jeu] D'un titre à un autre

  • Auteur de la discussion DeletedUser51867
  • Date de début

Florn

Force de frappe
L' ÂME du vin

- C. Baudelaire -

Un soir, l'âme du vin chantait dans les bouteilles :
" Homme, vers toi je pousse, ô cher déshérité,
Sous ma prison de verre et mes cires vermeilles,
Un chant plein de lumière et de fraternité !

Je sais combien il faut, sur la colline en flamme,
De peine, de sueur et de soleil cuisant
Pour engendrer ma vie et pour me donner l'âme ;
Mais je ne serai point ingrat ni malfaisant,

Car j'éprouve une joie immense quand je tombe
Dans le gosier d'un homme usé par ses travaux,
Et sa chaude poitrine est une douce tombe
Où je me plais bien mieux que dans mes froids caveaux.

Entends-tu retentir les refrains des dimanches
Et l'espoir qui gazouille en mon sein palpitant ?
Les coudes sur la table et retroussant tes manches,
Tu me glorifieras et tu seras content ;

J'allumerai les yeux de ta femme ravie ;
A ton fils je rendrai sa force et ses couleurs
Et serai pour ce frêle athlète de la vie
L'huile qui raffermit les muscles des lutteurs.

En toi je tomberai, végétale ambroisie,
Grain précieux jeté par l'éternel Semeur,
Pour que de notre amour naisse la poésie
Qui jaillira vers Dieu comme une rare fleur ! "

Nb: A consommer avec modération, si Baudelaire fait ici l'éloge du vin, qu'il personnifie et rend sensible, intelligent tout autant qu'inspirant compagnon et guide vers la poésie que chacun a en soi, il n'en reste pas moins une des "fleurs du mal".
 

Florn

Force de frappe
Voici du seul PHENIX pourtraite la figure

- François Scalion de Virbluneau -

Voici du seul Phénix pourtraite la figure,
Qui s'ennuyant ici, pour se renouveler,
Prépare du bois sec le plus propre à brûler,
Pour de sa cendre après rétablir sa figure.

Il frappe d'un caillou contre une pierre dure,
Lorsqu'il en voit le feu sortant étinceler,
Des ailes il l'évente au lieu de le souffler,
Et pour s'y consommer ses effets il procure.

Ainsi est-il de moi votre loyal servant,
Qui dans le feu d'Amour ma fin vais poursuivant,
Pour entre vos deux bras abandonner ma vie,

Si que par bons effets nous puissions rajeunir,
Voyant naître de nous du fruit à l'avenir,
Où vous prendrez plaisir quand en aurez envie.
 

Florn

Force de frappe
TE recuerdo como eras - Je me souviens de toi telle que tu étais

- Pablo Neruda -

Te recuerdo como eras en el último otoño.
Eras la boina gris y el corazón en calma.
En tus ojos peleaban las llamas del crepúsculo.
Y las hojas caían en el agua de tu alma.

Apegada a mis brazos como una enredadera,
las hojas recogían tu voz lenta y en calma.
Hoguera de estupor en que mi sed ardía.
Dulce jacinto azul torcido sobre mi alma.

Siento viajar tus ojos y es distante el otoño:
boina gris, voz de pájaro y corazón de casa
hacia donde emigraban mis profundos anhelos
y caían mis besos alegres como brasas.

Cielo desde un navío. Campo desde los cerros.
Tu recuerdo es de luz, de humo, de estanque en calma!
Más allá de tus ojos ardían los crepúsculos.
Hojas secas de otoño giraban en tu alma.
Je me souviens de toi telle que tu étais au dernier automne.
Tu étais béret gris et le coeur en paix.
Dans tes yeux combattaient les feux du crépuscule.
Et les feuilles tombaient sur les eaux de ton âme.

Enroulée à mes bras comme du liseron,
les feuilles recueillaient ta voix lente et en paix.
Foyer de stupeur dans lequel ma soif flambait
Douce jacinthe bleue incurvée sur mon âme.

Je sens tes yeux voyager et l'automne est distant:
béret gris, voix d'oiseau et coeur de logis
jusqu'où émigraient mes profonds désirs
et mes baisers tombaient joyeux comme des braises.

Ciel depuis un navire. Champs depuis les collines.
Ton souvenir est de lumière, de fumée, d'étang en paix!
Au-delà de tes yeux brûlaient les crépuscules.
Dans ton âme tournaient les feuilles mortes d'automne.
 

BlackKwolph

Biologiste
Qui t'a dit que TU ETAIS nu, Adam ? de Köhlmeïer et Liessmann

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Florn

Force de frappe
El poeta DICE la verdad - Le poète dit la vérité

- Federico Garcia Lorca -

Quiero llorar mi pena y te lo digo
para que tú me quieras y me llores
en un anochecer de ruiseñores,
con un puñal, con besos y contigo.

Quiero matar al único testigo
para el asesinato de mis flores
y convertir mi llanto y mis sudores
en eterno montón de duro trigo.

Que no se acabe nunca la madeja
del te quiero me quieres, siempre ardida
con decrépito sol y luna vieja.

Que lo que no me des y no te pida
será para la muerte, que no deja
ni sombra por la carne estremecida.
Je veux pleurer ma peine et te le dire
pour que tu m’aimes et pour que tu me pleures
par un long crépuscule de rossignols
où poignard et baisers pour toi délirent.

Je veux tuer le seul témoin, l’unique,
qui a pu voir assassiner mes fleurs,
et transformer ma plainte et mes sueurs
en éternel monceau de durs épis.

Fais que jamais ne s’achève la tresse
du je t’aime tu m’aimes, toujours ardente
de jours, de cris, de sel, de lune ancienne.

Car tes refus rendus à mes silences
se perdront tous dans la mort qui ne laisse
pas même une ombre à la chair frémissante.
 
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