• Événement Agir pour demain 2024

    Le Dr Selena Verde a besoin de votre aide pour rétablir l’équilibre de notre monde grâce à une technologie de pointe. Ensemble, nous embarquerons dans un incroyable voyage de renouveau écologique et sauvegarderons l’avenir de tous les êtres vivants. Il aura lieu du 22 juillet au 12 août. Pour plus de détails, vous pouvez cliquer ici !
  • Le nouveau monde Yorkton est là !

    Êtes-vous prêt à relever le défi ? Nous l’espérons bien !
    Pour en savoir plus, vous pouvez cliquer ici.
  • Mise à jour 1.287

    La mise à jour 1.287 aura lieu le mercredi 17 juillet ! Comme d'habitude, il y aura une courte interruption des serveurs pendant la mise à jour et nous vous prions de nous excuser pour ce petit désagrément.
    Pour une description détaillée des changements à venir, veuillez cliquer ici.

Feu de brousse à Québec.

Florn

Force de frappe
Toute ressemblance avec des faits, personnages, proverbes existants ou ayant existé serait purement fortuite.
Aucun animal ou humain n'a été maltraité au cours de la rédaction de ce récit.

édit Loup Tenace
L'auteur Bargaarance BlackKfland (gaarance, BlackKwolph et Florn) souhaite vous présenter un long récit uniforme et donc demande à tout lecteur et lectrice de ne pas intervenir dans cette discussion afin de d'avoir une lecture fluide. Ceux qui souhaite donner un avis faite le par MP auprès des créateurs de ce récit. D'avance merci.


 
Dernière édition par un modérateur :

Florn

Force de frappe
Chapitre premier.


Cindy se coiffait lentement en admirant ses longs cheveux blonds qui cascadaient jusqu'au bas de son dos telles les eaux tumultueuses des chutes du Niagara.
Pensive, elle se remémorait l'instant douloureux et fatidique où sa vie avait basculé. Ce jour noir comme un ciel d'orage où d'autres lèvres que les siennes s'étaient posées sur la bouche de Jonathan. Le vol 747 pour Sydney devait décoller une heure plus tard, elle remplaçait au pied levé une collègue malade et arrivait précipitamment dans la salle d'embarquement des personnels navigants. Elle était tellement fière de son nouvel uniforme qui lui faisait une silhouette terriblement incendiaire, impatiente de surprendre son chum (traduction pour les ignorants de cette belle langue québécoise : amoureux). Les regards admiratifs des hommes, et jaloux des femmes, alors qu'elle traversait l'aéroport international de Montréal, l'avaient emplie d'un sentiment de fierté. Toute à la joie de retrouver son ténébreux commandant de bord, elle ne pouvait pas se douter du choc imminent. Son cœur explosa en découvrant le couple enlacé.
Elle avait bien remarqué que cette traîtresse perfide tournait autour de son Jonathan. Et voilà qu'elle était face à leur trahison. Professionnelle, elle avait ravalé ses larmes et traversé la salle, le regard lointain et la tête haute.
Bouleversée, elle s'était jurée que l'affront ne resterait pas impuni.

Un proverbe anishinaabeg disait fort à propos « megwact pisipisito ono akaw-aci mitik » (traduction approximative:quand le blizzard mugit, rentre le bois à l'abri ).
 

BlackKwolph

Biologiste
Chapitre deuxième


Cindy se coiffait soigneusement devant le miroir. L'amertume ne la quittait pas, toutefois, un peu de chaleur commençait doucement à réchauffer son cœur brisé.
Lors de la dernière escale à Dakar, alors que, désoeuvrée, elle errait sans but sur le tarmak, sous un soleil de plomb, elle avait perçu un mouvement insolite sous le ventre de l'Airbus A380 qui devait les ramener vers Québec. Intriguée, elle s'était approchée de l'appareil dont les soutes, grand ouvertes, accueillaient les trains de bagages sans fin, Grimpant prudemment l'échelle, elle s'était avancée dans les entrailles de l'avion. Valises et malles encombraient déjà l'espace immense. Avançant précautionneusement dans la pénombre, elle avait entendu une respiration haletante et saccadée. Se glissant souplement entre les bagages, sa surprise avait été grande de découvrir un jeune homme. Son regard implorant brillait tel un diamant dans l'écrin de son visage d'ébène.
Etouffant un cri de surprise, Cindy se reprit et osa demander à l'inconnu ce qu'il faisait là. D'une voix grave et timide, presque atone, il la suppliait alors de ne pas donner l'alerte.
Il restait quelques heures avant le décollage. Cindy prit place et écouta l'inconnu. Il se nommait Amadou. Il était Sénégalais, déserteur de surcroît. Recherché par la police militaire, il fallait qu'il se tire ailleurs. Emue au plus profond de son être, touchée par tant de détresse et de détermination, elle décidait de l'aider. Consciente du danger qu'il courait à voyager ainsi, elle s'était précipitée dans la cabine et lui avait rapporté des couvertures, des sandwiches, des mignonnettes de whisky canadien et un masque de sommeil en soie noire.

Le proverbe cité par Amadou la caressait encore au creux de l'oreille « Kuy yoot du sëkët » (traduction: Le lion qui se cache ne rugit plus.)
 

Florn

Force de frappe
Chapitre troisième

Cindy se coiffait toujours pendant qu'elle laissait vagabonder son regard sur le parc de la résidence de "l'Orignal babouneur". Le soleil dardait ses rayons sur la nature et la chaleur moite accablait les sens. Le gazon déroulait un tapis épais et confortable, ponctué de massifs fleuris et odorants. L'ombre des érables majestueux invitait à la nonchalance et à l'abandon des corps.
Dans ce décor luxuriant, Amadou, employé sans difficulté comme homme à tout faire, se déplaçait avec une aisance toute féline. Son dossier de naturalisation était en cours. Il chantonnait de sa voix profonde et mélodieuse, une complainte mélancolique et envoûtante. Le bourdonnement des abeilles comme les stridulations des grillons faisaient concurrence au ronronnement lancinant de la tondeuse. Habilement manoeuvrée par les bras musclés, elle glissait facilement, caressante et légère.
Cindy, qui ne pouvait plus en détourner le regard, remarqua soudain, qu'un pétale de rose blanc, se détachait sur l'épaule en sueur de son protégé.
Elle sentit un frisson délicieux la parcourir et elle s'efforça de chasser la vision tenace d'une peau nacrée et parfumée collée contre la peau virile et sombre de l'aspirant transpirant.
Alors qu'elle s'avançait vers la fenêtre pour lui proposer de partager un moment rafraîchissant, le téléphone sonna...

« Namiwan-adjiw pawav mitikomijmin » prétendent à raison les Algonquins. (traduction approximative: Le vent des montagnes agite les glands du chêne rouge.)
 

DeletedUser16895

Guest
Chapitre quatrième

Cindy se coiffait, assise devant son miroir. Ses cheveux cascadaient dans son dos, pareils à du miel en fusion. Elle admirait son visage à l'ovale parfait. Ses yeux, d'un bleu parfait, pur et profond comme l'océan, ses sourcils parfaitement dessinés, sa bouche charnue aux lèvres purpurines, tout était d'une extrême perfection.
Soudain, le téléphone sonna. Elle saisit l'appareil et appuya sur une touche afin de prendre la communication. Quelle chance ! c'était son amie de toujours, Connie. Celle-ci l'invitait à une partie de squash. Cindy aurait préféré assister à un match de hockey, mais Connie détestait ce jeu, en raison d'une expérience malencontreuse, plusieurs années auparavant.
Après avoir raccroché, Cindy se laissa emporter par ses souvenirs... Ah !!! qu'il était charmant, talentueux, et si parfaitement blond, lui aussi ! Quel était son nom, déjà, à ce charmant joueur de hockey, qui aimait à lui susurrer à l'oreille :

Qwenn il stick iz laïk-maï dique, il pah-lett gozz peur-feuct-ly qwique ! (traduction approximative : "Quand la crosse est ferme et sûre, le palet rentre sans une bavure")
 
Dernière édition par un modérateur :

Florn

Force de frappe
Chapitre cinquième

Cindy coiffait méthodiquement ses longs cheveux mouillés, la séance de squash avait été exaltante.
Bien sûr, le sujet de conversation principal y avait été pour quelque chose. Le nouvel arrivant avait su attendrir aussi Connie à son entrée dans la résidence au volant de sa Corvette C6 ZR1. Pourtant, malgré les clins d'oeil et autres sourires en coin en début de partie, Connie avait été plus compétitive que d'habitude. Comme si le fait d'avoir abordé, pendant le trajet menant à la salle, l'hypothèse d'aller revoir un match de hockey, avait exacerbé l'ardeur de Connie. ah tabarnouche... comment s'appelait il, déjà, cet enfant du soleil de minuit et des glaces de la Baltique? Et qu'était il devenu? A sa décharge, on ne s'impose pas coach en relooking sans aimer se dépasser et rivaliser avec les autres, elle avait désormais une belle situation, néanmoins malgré ce petit supplément de hargne, Connie avait perdu le match. Une belle journée en somme, se profilait pour Cindy qui en avait profité pour exprimer par tous les pores de sa peau, quelques pulsions coupables car délicieuses assurément. L'effort, la douche et sans doute ses réminiscences de hockey mêlées à des parfums de cacao torréfié, avait tonifié le corps de Cindy. Elle sentait sa poitrine plus ferme, plus tendue sous la ceinture de sécurité de la voiture de Connie.
Amadou accueillit les deux femmes d'un sourire majestueux. Il rangeait ses outils, ses muscles fourbus et bientôt fourbis, saillaient. Qu'avait il pu vivre pour devoir s'enfuir ainsi, se demandait Cindy et qu'avait il ressenti lors de son voyage dans les soutes de l'Airbus A380 ? Une envie de glace au chocolat s'insinua dans l'esprit de Cindy. Mais avant tout, elle devait mettre du baume dans ses cheveux.

La langue algonquine semblait chanter dans le vent de l'été comme un proverbe prometteur... pintikow abwi mawinaj, (Le canoë n'a pas besoin de courir après le courant.)
 
Dernière édition :

DeletedUser16895

Guest
Chapitre sixième

Cindy se coiffait, assise devant son miroir. Elle saisit le pot de baume à la graisse de castor posé sur la coiffeuse. Elle en saisit une quantité dans ses mains et commença à la répandre sur la masse brillante de sa chevelure. Elle étala, étala, et étala encore, démêlant ses cheveux avec ses doigts, faisant pénétrer le produit au plus profond de ses fibres capillaires. Le baume lubrifiait ses doigts et ses magnifiques cheveux. C'était une sensation exquise.
Cindy se prit à songer, en ce moment précis, à Amadou et ses doigts à lui, qui devaient être en train de nettoyer ses outils de la terre dont ils sont irrémédiablement maculés après une journée de travail. Elle l'avait vu faire : il empoigne fermement la bêche, ou la houe, ou la serpette ; puis, d'un geste assuré, il frotte énergiquement l'outil avec un chiffon, effectuant un mouvement de va-et-vient afin de le débarrasser de toute la terre. Puis, il enduit le manche d'huile de lin, afin de nourrir le bois. A la fin, ses doigts sont luisants d'huile, il les essuie négligemment sur son blue-jean. ( blue-jean qui mettait parfaitement en valeur sa silhouette. )
Elle savait qu'il avait pour habitude de prendre une douche après le travail. Elle l'avait épié, une fois, pleine d'une joie sauvage et honteuse, le sang battant à ses oreilles. Elle avait admiré ses biceps, ses abdominaux parfaits, ses cuisses fuselées. Elle avait songé, en cet instant confus de tumulte intérieur, qu'il ressemblait un peu à Alain, de loin.
Ah, Alain...
Et songea encore à un dicton que répétait souvent son grand-père :

Th'au-wett'-eur' daisse glet'ch'-eur soof toundra po-pl' ladrée ( traduction approximative : Le dégel du glacier amollit le peuplier )
 
Dernière édition par un modérateur :

BlackKwolph

Biologiste
Chapitre septième
Cindy se coiffait pensivement. Les mouvements souples de ses bras délicats et nacrés étaient rythmés par le tempo sensuel de l'évocation du corps humide d'Amadou. Elle avait programmé sur son système de son (trad : chaîne hi fi) une salsa langoureuse de Marc Anthony.... Sa voix latino la faisait vibrer au plus profond, sa chemise ouverte sur un torse glabre et musclé avait provoqué des nuits agitées. Et voilà qu'il chantait, pour elle, « Tu amor me hace bien » (trad. : ton amour me fait du bien).... tout un programme.
En transe, elle commença à esquisser quelques pas chaloupés, la brosse virevoltait et dessinait dans l'espace la silhouette d'Amadou. Un bien-être voluptueux s'emparait peu à peu de ses sens. Toute la pièce baignait dans une lumière douce , un air parfumé à l'eau de rose, et la musique l'emportait loin d'elle même, dans ces contrées sauvages de la savane africaine.

Des coups rapides et nerveux la tirèrent brutalement et sans ménagement de cet état second. NON ! Pas maintenant. Elle aurait voulu danser et danser tout en parlant d'amour...... Eliza des temps modernes.
La sonnerie stridente et répétée à sa porte mit un point final à ce moment délicieux. Contrariée, les sourcils froncés, le visage renfrogné, Cindy se dirigea vers la porte. Qui pouvait bien oser l'achaler* (trad : énerver, déranger) de la sorte ?
« Cindyyyyy, ma chériiiiiiie, ma belle….. cesse donc de babouner (trad : bouder), ta peau va va être toute fuckée (trad : abîmée, détruite, ridée) ! »
Un ouragan blond péroxydé, d'1m80, moulé dans un carrot slim blanc immaculé coupé court sur des mollets parfaitement épilés et bronzés aux UV, coiffé d'un pork pie à ruban multicolore, l'enlaçait fermement, la couvrant de baisers parfumés en ondulant de tout son être.
Steve ?????? Son ami d'enfance, son esthéticien attitré ? Il semblait très perturbé.
« Cindy, ma chériiiiiie, mon âââme, faut qu'on placotte (trad : bavarde) ! J'ai mon voyage (trad : j'en peux plus)! Tire-toi une bûche (trad : prends un siège), faut que j' te narre ! »
Elle reconnaissait ce ton haut perché : il venait de se faire larguer par son chum. Toujours la même histoire. Résignée, elle lui sourit et offrit une tasse de thé et une part de queue de castor achetée au « Lièvre dans le sirop des râbles ».
Steve semblait perdu, Cindy serait son béluga dans la tempête.

Et ce vieux dicton surgissait d'on ne sait où « לפקפק יותר מדי, המצפן פאדדלאד » (traduction approximative « à trop branler, la boussole perd le nord »).
 
Dernière édition :

Florn

Force de frappe
Chapitre huitième



Cindy se coiffait machinalement tout en écoutant la litanie amoureuse de Steeve. Depuis le temps qu'ils se connaissaient, il était inutile de niaiser avec la puck (il était inutile de tourner autour du pot). Comme à chaque fois Steeve avait cru au grand amour. Il avait rencontré ce charmant steward français... Charles-René... * soupir * qui lui rappelait tant leur idole commune : la grande, l'incomparable, la diva, C'line Dion !
Les larmes inondaient son visage dans des soubresauts convulsifs. Cette fois ci, il avait vraiment pensé trouver son étoile, quitter la terre, hisser la grand' voile et glisser sous le vent... comme toujours... et comme toujours, il s'était fait prendre pour une valise (il s'était fait prendre pour une bonne poire...). Charles-René avait poussé la porte de l'institut de Steeve « le castor épilé », pour une épilation intégrale et leurs cœurs, au premier regard, avaient matché. C-R était très sensible du SIF et la délicatesse experte de Steeve l'avait retourné. Ils ne s'étaient plus quittés jusqu'à ce jour funeste au cours duquel Steeve apprenait que C-R, après avoir partagé le même vol avait finalement partagé bien plus avec son commandant de bord. La douleur de Steeve trouvait un écho dans le cœur humilié de Cindy. Compatissante, de sa voix douce et rassurante, elle lui demanda le nom de l'ignoble individu...

… « Jonathan »... suffoqua Steeve.

Cindy était outrée, aucun doute, ce vil pourceau de commandant était sans foi ni loi. Il tirait à vue sur tout ce qui volait. Elle serrait si fort sa brosse, qu'elle se cassa un ongle. Steeve notant son trouble, elle lui livra sa triste histoire. Unis par tant d'adversité, les yeux dans l'eau, leur rêve avait été trop beau. Essuyant discrètement son nez dans le déshabillé rose et vaporeux de Cindy, Steeve prononça ces paroles définitives :

« Cindy, ma chérie, je reviens. » Il courut chercher son nécessaire à nail art.



Ne dit on pas : « Bengkak kaya biyasane » (La mouffette pue tellement que ça goûte.)
 
Dernière édition :

DeletedUser16895

Guest
Chapitre neuvième

Cindy se coiffait d'une main, ce qui n'était guère commode. Pendant ce temps, Steeve s'occupait, avec une attention toute particulière, de son ongle cassé. Il coupait, limait, rabotait, ponçait, vernissait, déployant toutes les facettes de son art.

Pensive, Cindy écoutait distraitement le babillage de son ami. Ses pensées s'envolèrent comme un turbo-jet vers Johnathan (à moins que ce ne fut Jonathan, Cindy n'avait jamais bien su orthographier correctement le prénom de son chum) et se souvint de leur première rencontre. C'était à un diner au restaurant, organisé par des amis communs. Elle s'en souvient encore, elle avait commandé une salade fraicheur et un verre d'eau minérale. (elle apportait un soin tout particulier à sa silhouette) Leurs regards s'étaient croisés, et en cette seconde, elle avait lu dans les yeux d'acier brûlant de cet homme viril une énergie folle, une joie féroce, une soif d'attraper la vie à bras-le-corps !! Cela l'avait tourne-boulée !!
Il avait entamé la conversation, la complimentant sur sa tenue, et lui avait offert, malgré ses protestations, un verre de vin blanc. La soirée était plaisante et délicieuse, leurs esprits semblaient s'accorder à merveille, et leurs corps eux-mêmes répondaient l'un à l'autre dans un élan de désir animal.
C'est alors, qu'un peu éméché, il lui posa une étrange question :
"Dites-moi, savez-vous où se trouve Chardonnay ?"
Cindy répondit avec assurance : "Sur la table !" en désignant la bouteille posée non loin.
Interloqué, il la regarda d'un air indéfinissable, puis éclata de rire. "Oh ! ce que vous êtes drôle !" Cindy rit avec lui, mais ne comprit la raison de cette hilarité que le lendemain, lorsque Kiwimédia lui donna la réponse correcte : c'est une ville française, bien sûr ! Elle se morigéna intérieurement. Ah ! Bonyeu de tabernac' ! Comment peut-on être aussi bête !!?

A l'évocation de ses souvenirs, dans sa chambre aux murs d'un rose tendre, Cindy provoqua soudain la surprise de Steeve en s'exclamant d'un ton nostalgique et désemparé :

"Qwirch'tung derr-oum gay'nouss oum stamm'pipourtoi" (traduction approximative : l'ourse, avec délectation, se frotte à tous les troncs)
 
Dernière édition par un modérateur :

Florn

Force de frappe
Chapitre dixième



Cindy se coiffait avec un sourire gêné et sans joie. Son visage parfait à la peau de porcelaine s'était légèrement empourpré quand elle s'aperçut avoir exprimé, à voix haute, le fond de sa pensée. Steeve terminait son travail de sauvetage ongulaire avec une dextérité admirable quand il lança :

« Dis donc ma chérie, en parlant de tronc... Tu pourrais tu m'en dire un peu plus sur cet éphèbe que j'ai aperçu dans le parc en récupérant mon équipement de nail art ? Il a la stature des arbres qui l'ont vu naître et je pense qu'il a le parfum rare de ces essences d'exception... »

Oui, Steeve avait la sensibilité et la poésie d'un oiseau mouche butinant la corolle d'un crocosmia, dans la lumière caressante du soir d'un été indien.
Définitivement sortie de ses réminiscences, Cindy raconta comment elle avait découvert Amadou et avait décidé de lui venir en aide, allant jusqu'à l'héberger provisoirement dans un élan de générosité, au départ, totalement désintéressée. Les yeux emplis de gourmandise - qui n'était plus du tout dirigée vers la queue de castor oubliée sur la sous tasse - Steeve écoutait le récit de son amie. Divaguant, il se prit à imaginer les soirées dans la brousse, les corps transpirants, enduits d'ocre et de kaolin émergents de fumées mystiques et évanescentes, les rituels mystérieux que ces contrées lointaines et dangereuses promettaient. Il s'enquit de savoir combien de temps ce « provisoire » allait durer et Cindy n'eut pas le temps de répondre quand la voix grave d'Amadou s'éleva derrière elle.

« Pardon de vous déranger, je vais en ville, auriez vous besoin de quelque chose en particulier? »

Steeve sautant sur sa chaise et l'occasion, proposa d'accompagner Amadou à bord de sa Fiat 500 Jolly Beach. Cindy le regarda d'un air réprobateur puis les laissa partir, elle devait ranger les reliefs de leur collation et finir de se coiffer. Juste avant de sortir, Amadou, se retourna vers Cindy et lui dit :

« Vous savez mademoiselle Cindy, mon grand père était féticheur et griot dans mon pays, qui n'est pas un pays mais l'été. J'ai hérité de son sang. Il ne faut pas plaisanter avec ces choses là, aussi exotiques soient elles ».

Cindy, confuse comprit qu'il avait surpris les paroles de Steeve avant d'intervenir. Elle ne savait que trop bien toutes ces choses. Son grand père à elle, proche des tribus autochtones, l'avait introduite auprès d'un chaman indien et sans âge, qui était devenu son guide et protecteur. Elle écouta la voiture démarrer et une idée germa alors sous sa chevelure blonde pendant qu'un pygargue criait au loin comme un signe prophétique. Et pourquoi ne pas présenter Amadou à son mentor, Joe l'indien?



Ce dernier avait d'ailleurs l'habitude de dire : « Nuwanda kamaka wiwo'ole » (trad. Quand l'huile fume ramasse tes beignes.)
 

DeletedUser16895

Guest
Chapitre onzième

Cindy se coiffait vigoureusement en fredonnant, assise devant son miroir. Elle était pleine d'entrain et d'énergie, car elle avait eu une idée fabuleuse : elle présenterait son protégé à son mentor. Et là, tous les malheurs d'Amadou disparaitraient, elle en était certaine. Elle le sentait au plus profond de son cœur !

Elle posa sa brosse à cheveux, se leva d'un bond et virevolta dans la pièce. Ses pieds menus touchaient à peine le sol, sa silhouette gracieuse tournoyait comme une ballerine, et ses longs cheveux blonds chatoyaient délicieusement dans la lumière du soleil.
Elle se sentait vibrante, pleine de vie, extrêmement belle, et (le plus important) aimée de tous ! Elle éclata d'un rire cristallin qui rebondit sur les murs tendus de soie rose.

Elle s'arrêta devant sa commode, l'ouvrit et se demanda comment contacter Joe. Ne trouvant pas de réponse parmi ses vêtements, elle ferma le meuble et se dirigea vers son bureau, sur lequel était posé son téléphone portable. Oui, c'est mieux. Elle composa un numéro interminable, puis fut mise en relation avec la messagerie de Joe.
"Joooooooe ! C'est moi, Cindy !! rappelle-moi au plus vite ! Bisoooooooooous !" Elle raccrocha enfin, fort marrie de ne pouvoir exprimer, par des smileys, sa joie et l'urgence de la situation.

Elle se laissa tomber sur son pouf, devant sa coiffeuse, et saisit sa brosse à cheveux. Au lieu de s'en servir pour se coiffer, elle l'approcha de sa jolie bouche, telle un micro, et s'exclama :

"Mou'z bhot arg'niss oug missiz basst'oug" (traduction approximative : Orignal qui broute, libellules en déroute)
 
Dernière édition par un modérateur :

Florn

Force de frappe
Chapitre douzième

Cindy se remit à se coiffer. Un cheveu avait glissé de sa brosse à sa bouche. L'apex de sa langue fine et délicate se promenait sur ses lèvres aux couleurs d'alizarine pour l'en chasser. Sa longue chevelure s'étirait comme les ombres au dehors. La nuit ne tarderait plus et Amadou qui n'était pas encore revenu... En compagnie de Steeve, qui savait ce qu'il pouvait bien arriver ?
Elle repensait à son message pour Joe l'indien, il le recevrait la prochaine fois qu'il irait au village. Il vivait isolé de tout et surtout hors des réserves surpeuplées que « L'indian act » avait mis à disposition des premières nations. Il ne serait donc pas commode de lui rendre visite chevauchant la bicyclette de Cindy, même avec son petit panier posé sur le guidon.
Et Steeve qui ne rentrait toujours pas... peut être avaient ils décidé d'aller se j'ter un breuvage ou manger un boutte dans la nouvelle brasserie vegan du centre ville. Cindy commençait à s'inquiéter, en fait, voire même qu'elle s'épivardait un brin (trad. s'énervait). Il aurait tout de même pu lui lâcher un call (trad. lui téléphoner).
Alors... d'un geste grave et concentré, elle posa sa brosse à cheveux et se leva en direction de la cuisine. Gonflant sa poitrine, attrayante à plus d'un homme, elle entreprit une petite turlute. Cindy était une sacrée turluteuse. Tout en déambulant, elle commença à donner de l'élan à la turlute qu'elle aimait tant entonner et qui de demi-tons en demi-temps détonnaient dans d'étonnantes tonalités. Ces mouvements de langue hâtifs et contrôlés la détendaient à tous les coups. Qu'allait elle donc manger pour dîner ?
Les assonances et allitérations de sa petite turlute lui rappelèrent un vieux dicton mic-mac qui disait à peu de chose près :

« Manimanana Manitou matoba » (trad. Le Grand Esprit encourage l'entreprise de la femme déterminée).
 

BlackKwolph

Biologiste
Chapitre treizième
Cindy se recoiffait nerveusement, l'air épuisé et ravi, mais l'esprit agité. Si la turlute l'avait mise en joie et en formes, qu'elle maintenait fort excitantes (à grand renforts de cours de pilates, pratiqué par internet interposé et en « chaise intensif » avec son coach Eric Robitaille ... son esprit s'évada quelques secondes …. l'odeur de miel de son tabac à pipe... ), le silence de Steve et Amadou l'agaçait.
Où diable (et en bonne catholique, elle détestait jurer ou blasphémer, mais son exaspération croissait), où diable étaient-ils passés ?
Elle craignait de se casser un autre ongle, ou pire, d'abîmer sa brosse à cheveux de « Chez Zazz », LE bar à cheveux de Québec, LA référence en outils à picots massants et glissement extra-doux, en soins stimulants pour peaux sensibles. Les nerfs à vifs, les muscles tendus, les lèvres serrées, le cheveu terne et plat, elle finit par se saisir brutalement de son cell pour appeler Steve. Pas de réponse. Rappel. Toujours cette sonnerie horripilante, puis sa voix haut perchée qu'elle détestait en cet instant. Rappel. Message ridicule. La batterie de son téléphone faillit exploser tant la chaleur de sa paume était intense. Il fallait qu'elle se rende en ville et vite. Mais 10 km avec son vélo rose, par cette chaleur. Elle serait horrible à l'arrivée ! Décoiffée et en nage !
La voix de Robitaille revint à ses tympans irrités par le message enregistré. Il fallait respirer, se détendre, visualiser un instant de paix et de plaisir.... Instantanément l'image d'Amadou prenant sa douche ressurgit... Et la voix de Steve avec ! La colère commençait à la submerger... elle étouffait en prenant ses cheveux à pleines mains. Les malmenant sans ménagement... La migraine menaçait....« On se calme le pompon » se morigéna-t-elle.
Et la solution apparut avec évidence : Connie ! Connie, son amie de toujours, son amie des heures sombres, des fous rires entre filles, et qui chauffait une Corvette C6 ZR1. Car Cindy avait vu son permis retiré après avoir soufflé dans la balloune !

Aussitôt envisagé, aussitôt fait. Elle pédala rapidement jusqu'au condo. Connie étouffa un cri en découvrant l'état de son amie, effondrée, les cheveux en bataille, le khôl dégoulinant, ruisselante de larmes, sur le paillasson. Quelques secondes après, Cindy s'épanchait, allongée sur l'immense canapé blanc, une tasse d'infusion ayurvédique dans la main droite, une boîte de Kleenex sous la gauche, la nuque reposant sur un coussin chauffant, les pieds sous Pacha, le Main Koon, pendant que son regard parcourait l'immense salon apaisant. Adepte de l'esprit minimaliste japonais, Connie avait choisi des tons clairs, des essences de bois parfumées, de rares meubles laqués blanc. Des parquets aux baies coulissantes, tout était simple, lumineux, reposant. Luxe, calme et volupté. L'immense vitrage, près duquel un oranger s'épanouissait, ouvrait sur un lac transparent où glissaient sur les eaux mille bateaux légers pareils à des oiseaux. C'est là qu'elle aurait voulu vivre, aimer, aimer et mourir. Mourir.....
Ah non ! D'abord retrouver Amadou et faire payer à Steve ce moment d'angoisse insupportable.

Un dicton japonais, minimaliste aussi, précisait « すべてがまずくいくとき、反応してください » (ce qu'elle traduisait par « quand le bâton tricote la rondelle, et que ça drop le puck dans l'fond, on va recruter dans les mineures ».)
 
Dernière édition :

Florn

Force de frappe
Chapitre quatorzième


Cindy se coiffait frénétiquement et non sans danger pour sa chevelure immense, qui passant sous ces fourches caudines risquait d'en hériter de plus... capillaires. Ses mouvements saccadés avaient fini par déranger Pacha. Elle ne s'en souciait guère, n'appréciant pas trop les animaux domestiques, soumis et profiteurs et encore moins les minauderies affectées des "mémères" vis à vis de leurs petits nuages vaporeux à tête ridicules et trop souvent malodorantes. Connie, en regardant pacha décamper, s'enquit du malaise palpable et crinicide de son amie.

- "Dis donc ma chérie, il faudrait voir à te détendre. Passe moi ton cell, je vais essayer de rappeler Steve, je crois avoir une petite idée pour notre soirée."

Aussitôt dit, aussitôt fait. Cindy tendit son téléphone, d'une main tremblante, les mâchoires serrées. Connie, composa le numéro de Steve, qui décrocha au bout de deux sonneries.

- "Oui? Ma choute, je viens de voir que tu avais essayé de me call, Amadou avait besoin d'un nouveau pantalon et pour me... euh... nous rafraîchir, nous sommes allez boire un breuvage."

- "Tst tst tst, c'est Connie... Que faites vous maintenant? J'ai envie de manger un boute et puis, je pense que Cindy aurait bien besoin d'un moment de détente. Qu'en dis tu donc tu? Vous êtes partants, mes ch... ?"

Connie n'avait pas terminé sa phrase qu'un hurlement enthousiaste se fit entendre à l'autre bout du fil. Cindy, qui ne savait plus par où penser, scrutait son amie d'un regard éberlué.

- "Oké oké, nous vous rejoignons en ville. Je vais câuler Chez Boulay, Stevie ou au Chic Shak. Je te reprends après."

On pouvait compter sur Connie pour organiser les choses et c'est ce que Cindy fit. Ils se rejoignirent devant le Chic Shak. Amadou n'avait pas qu'acheté un pantalon, il avait pris la veste avec et sur les conseils de Steve, une chemise pastel, il était sublime, totalement kioute. Et tout le monde semblait d'accord avec ce point de vue, Steve peut être plus que les autres, tant son agitation trahissait des sentiments profonds mais encore éphémères pour Amadou.
Tous quatre, prirent place à table. Le serveur revint bientôt avec les plats commandés. Heureusement, habitués à sortir, le choix n'avait pas été compliqué. Une poutine allégée pour Cindy avec carottes en place des frites et une autre, vegan, pour Steve. Connie encouragea Amadou à découvrir ce plat typique et il se laissa tenter par une poutine aux patates douces, un bon compromis selon elle.
Chaudes, les tiges, de pommes de terre ou de carottes, selon, luisaient déjà, lascives, sous le fromage fondant et amoureux. Cindy dévorait sa pouine (une poutine santé, quoi) et des yeux un Amadou gourmand, rêvassant à se faire chanter la pomme (trad. être courtisée) par cet adonis d'ébène. Les assiettes se vidèrent rapidement, Cindy commençait à se détendre. C'était sans compter, Connie, qui avait de la suite dans les idées et des idées dans la suite de la soirée. Elle proposa alors de se rendre au Spa "Voiles et vapeurs" pour finir le travail bien entamé.

Ce projet convint parfaitement à Cindy qui en avait effectivement besoin, tout autant qu'à Amadou, dont le corps méritait bien une pause. Quant à Steve, les précautions qu'il prit pour se lever étaient révélatrices, sans conteste, de l'émoi qui les imposaient.

Un proverbe sioux le rappelait d'ailleurs... "Adawe kanata" (trad. approximative: Le poète est le fruit des amours d'une aurore boréale et des cheveux d'un séquoia.)
 

DeletedUser16895

Guest
Chapitre quinzième

Cindy se coiffait soigneusement, chaudement et confortablement installée dans le jacuzzi. La soirée s'annonçait parfaite, délicieuse et scintillante ! Elle ne pouvait rêver mieux !
Elle était entourée de ses charmants amis, l'eau était à une température idéale, les bulles étaient d'un diamètre parfaitement équilibré, et les collations servies sur de petits plateaux flottants étaient tout à fait incroyables et strictement diététiques !

Les quatre amis avaient le choix entre des canapés de pain de seigle accompagnés de tarama vegan, des verrines d'avocat allégé au citron et au paprika, des minis-brochettes de toutes les formes et de toutes les couleurs, des chips de légumes garanties sans huile de palme, et du jus de carotte bio.

La conversation allait bon train, comme toujours entre gens de bonne compagnie.
Connie parlait d'un spa des environs, "Bouillons de 11 heures" qui avait eu des soucis d'hygiène. Beurk ! Cindy n'irait sûrement jamais dans un tel endroit !!
Les quatre compères trinquaient (mais sans faire de bruit ni casser leur verres) et grignotaient les mini-canapés (mais sans laisser tomber aucune miette dans le jacuzzi), ils riaient (mais pas trop fort pour ne pas déranger les autres clients) et ne voyaient pas passer le temps !
Au bout d'un moment, Steve s'écria : "Alleeeez, zouuuu ! c'est le moment des cadeaux !"

Des cadeaux ? Oh ! des cadeaux ?? Mais Cindy adorait les cadeaux !! Intriguée et impatiente, elle posa sa brosse à cheveux sur le bord du jacuzzi.

Steve s'empressa de distribuer les présents : pour Amadou, une superbe chemise en lin immaculé, aux poignets élégamment brodés, et aux boutons en nacre. Elle mettrait parfaitement en valeur le torse puissamment musclé du jeune homme, et sa couleur contrasterait admirablement avec sa carnation chocolat.
Pour Connie, le dernier Dvd de son idole, Rick Rock, le roi du plastoc, un coach sportif renommé.
Et pour Cindy, le tout nouvel album de sa deuxième chanteuse préférée (après C'line), Cœur de Pilate : une voix mélodieuse, des accord de guitare à faire tomber à la renverse, et la maitrise du Pilates sur scène comme dans ses clips. Cindy aurait voulu être comme elle, oh ! Elle aurait voulu !!

Cindy poussa un cri à faire éclater toutes les bulles du jacuzzi, et se jeta au cou de son ami. Dans ce mouvement d'enthousiasme, quelques mèches s'ébouriffèrent. Vite, Cindy saisit sa brosse et entreprit d'ôter à sa frange toute velléité de rébellion. Mais, les mains tremblantes, le cœur en émoi, le corps palpitant de joie, elle lâcha sa brosse qui alla faire trempette avec un grand "plouf".

Horrifiée - c'est une brosse en soies de sanglier - Cindy plongea la main à la recherche de l'infortunée.... rencontra ce à quoi elle ne s'attendait pas...

En ce moment confus, elle songea confusément :
Qwih'tokk laprr'tum-hpoo tretimm'grizz shdeck (traduction approximative : Lorsque le grizzly se dresse, la biche sent, du vent, la caresse)
 
Dernière édition par un modérateur :

BlackKwolph

Biologiste
Chapitre seizième (l'arrondi se ment.)


Cindy se coiffait, bouche bée, d'une main gauche peu adroite. Elle manqua de dextérité ; la « chose », rendue glissante par son séjour aquatique, lui échappa. Curiosité et Stupéfaction lui firent oublier le temps, l'espace, et le spa. Faisant fi de son souci capillaire, elle plongea son bras rond et nacré jusqu'à mouiller le gracieux duvet doré de sa nuque. A tâtons, elle cherchait le bâton.... à ce qu'il lui avait semblé.

Ses amis, interloqués, se penchèrent simultanément, partant en quête, eux aussi, de ce qui semblait tant la captiver.
Un gloussement de Steve lui signala que ce qu'elle tenait fermement lui appartenait... Il se tortillait.... « Mon astre, lâche donc mon gros orteil ! ». Non.... non, ce qu'elle avait attrapé était plus long, moins souple et surtout veiné....
Sa main poursuivait son parcours aqueux. Ah, une cordelette... son majeur et son index s'emmêlèrent, elle tira brusquement pour dégager sa main.
Une crispation soudaine d'Amadou lui fit comprendre qu'elle venait de l'effleurer aussi... à moins que ce ne fût Connie ou Steve puisque tous farfouillaient à présent. A cette idée, son ressentiment envers Steve refit surface. Simulant, avec un gémissement, une perte d'équilibre soudaine, sa main gauche agrippa fermement les cheveux de son esthéticien et, de toutes ses forces, décuplées par l'amertume et la jalousie, elle lui enfonça brutalement la tête dans le bain bouillonnant. En cet instant, elle surprit le regard interrogatif d'Amadou, et admiratif de Connie. Ou peut-être était-ce l'inverse. Ses cheveux en bataille l'auréolaient telle une amazone déchaînée, un archange vengeur, Amphitrite jaillie d'un océan parfumé et mouvant. L'image était saisissante, excitante, captivante. Consciente de cette révélation et du risque d'accusation d'homocide, elle libéra Steve qui, pantelant, étouffant, crachotant, se mit à geindre et pleurnicher. Il était pathétique. Sa vengeance consommée, elle reprit ses explorations, caressant le fond du bout de ses doigts agiles.

AH ! Enfin !
Avec un petit cri de satisfaction (pour ne pas choquer les autres usagers), elle brandit triomphalement l'objet de ses explorations.... et son cri s'étouffa dans sa gorge ! Les yeux écarquillés, les cheveux dressés, les joues empourprées ! C'était un.... non..... ! C'était un..... Seigneur ! …. C'était un...... jamais elle n'aurait imaginé trouver un..... bref, un..... son éducation stricte l'empêchait de formuler précisément ce dont il s'agissait. Les gens étaient ignobles ! Oser utiliser et surtout abandonner un.... ici ! Malgré les désinfectants puissants, le risque était énorme. Comment avait-il échappé à la vigilance du personnel ? Peut-être enfilé dans le cône du siphon, aspiré par la bouche vorace d'évacuation....
« Un olisbos ! Comme c'est amusant ! »
La voix et le rire de Connie lui parvinrent à travers un brouillard sonore et cotonneux.
D'un geste ample, dégoûté, et terriblement sensuel, elle jeta la chose sur le carrelage et entreprit de se redresser pour sortir de ce jacuzzi. Les usagers des appareils voisins commentaient à voix basse la découverte. L'instant était confus. Son pied dérapa soudain et, ses bras battant l'air vainement, elle vit venir la fin de son brushing parfait et du magnifique reflet blond et mêché, bien qu'elle n'ait bu aucun alcool. Elle perçut le mouvement vif d'Amadou qui s'était dressé pour l'attraper. Avec gratitude, elle atterrit confortablement dans ses bras musclés. Au même moment, Steve se mit à suffoquer, les yeux exorbités. Connie laissa filer un sifflement appréciateur. Et la rumeur enfla brutalement. Ses yeux suivant ceux de son amie, elle se raidit puis se sentit mollir. La cordelette qui retenait le maillot de son sauveur était dénouée, libérant la pièce textile... et son contenu.

Connie avait en tête un ancien adage tahitien : « Te pāhonoraa o te piri i tuuhia e au teie ia Taata haere tātu'etu'e, o vai au » (quand tout ne tient qu'à une corde, évite de t'y prendre les pieds).
 

Florn

Force de frappe
Chapitre dix-septième




Cindy se coiffait de sa main restée libre, tant pour dompter sa frange que pour couvrir ses yeux d'un spectacle qu'elle devinait terriblement capiteux. Son bras droit était enroulé aux épaules d'Amadou comme le serpent originel sur la branche de l'arbre de la connaissance. Sentant ses bobettes (slip) de bain se relâcher, Amadou avait préféré s'asseoir au bord du jacuzzi, tel une pietà digne et bienveillante. Steve s'était jeté en avant et à genoux pour renouer la ficelle facétieuse. Mais, coupé dans son élan et dans une position qui n'était pas sans rappeler celle des aspirants naufragés de Géricault, il restait médusé et un brin déçu de n'avoir pu approcher de plus près la taille alléchante de ce Triton sans trompette sorti de sa trempette.
C'est sur ce tableau digne des plus grands musées et sous l'oeil malicieux de Connie que le gérant du spa intervint, embarrassé.

- "Crisse de viarge! Scusez moi, je suis viré à l'envers (bouleversé), me voilà mélangé comme un sac de clous (confus). Je me présente, je me nomme Pascal et je suis le gérant de l'établissement. Vous avez failli pogner une débarque (faire une chute) mademoiselle et bien que vous ayez étouffé un gros wack (cri de surprise), je vous ai entendu. J'espère que vous allez bien et..."

Connie, installée confortablement au milieu des amuse-gueule qui sombraient maintenant dans les remous aqueux des bulles calibrées et "chatouillantes", interrompit le responsable d'un air goguenard.

- "Ce ne serait pas tant pire (pas trop mal) si nous n'avions une plus grosse affaire, en fait. C'est d'ailleurs le motif de la glissade de mon amie. Elle a failli tomber pour lui Pascal, l'olisbos que mon amie a trouvé... Il n'est pas à nous et je pense qu'il n'avait rien à faire dans ce bain."

D'un mouvement naturellement gracieux, Connie pointa son index vers l'objet coupable gisant au sol, sur lequel le gérant manqua de défaillir tant sa contrariété fut grande. Le petit groupe apprit rapidement que le dernier incident de ce genre s'était produit deux semaines plus tôt à la suite de la visite de bébittes à poil (personnes étranges) qui avaient dû repasser se baigner tantôt. Sans branler dans le manche (hésiter) le directeur du spa proposa d'offrir, non seulement la soirée aux amis mais un abonnement de six mois au "Voiles et vapeurs".

Amadou, ayant reposé Cindy sur ses pieds délicats et rechaussé correctement ses bobettes, s'agenouilla pour récupérer la précieuse brosse de son hôtesse qu'il tendit à Pascal. Ce dernier étendit son geste commercial en s'engageant à remplacer, subito, l'ustensile capillaire désormais détérioré. Steve ramassa prestement les cadeaux et proposa de finir la soirée chez lui autour d'un drink.



Le gérant reprenant alors OOchigeas, prononça doucement: "Quissmwa lassèti guidou" (traduction approximative: Le tonneau ne se remplit que quand le hareng sort).
 

DeletedUser16895

Guest
Chapitre dix-huitième

Cindy se coiffait très distraitement, assise sur le canapé de Steeve, au moyen d'un joli peigne en corne emprunté à celui-ci.
Connie et Steeve papotaient sur la chauffeuse, et Amadou sirotait tranquillement son infusion de tilleul et de sauge, en observant l'intérieur de Steeve. Il se tenait nonchalamment devant le mur couvert d'une multitude de coucous suisses, et semblait perdu dans ses pensées.

Cindy, elle, ne pensait plus du tout à sa luxuriante chevelure, ni à ses deux amis, ni même à son si beau vélo rose. Non, en cet instant d'éternité, alors qu'une joie sourde et féroce grondait en son cœur, elle ne songeait qu'à Amadou et ce délicieux moment, dans le jacuzzi, pendant lequel leurs regards étaient restés soudés l'un à l'autre.

Elle n'entendait plus le babillage de Connie et Steeve, ni le temps égrené par les coucous : elle n'entendait que le sang battre à ses oreilles, en une course féline et sauvage.

Elle se rappela encore le contact brûlant de sa peau contre celle d'Amadou, son bras à elle s’agrippant fermement aux épaules musclées, leurs souffles entremêlés, les lèvres charnues du jeune homme et l'ovale parfait de son visage, son menton volontaire et son regard de braise fouillant le sien.

A cette pensée, elle sentit son cœur battre plus fort, son sang bouillonner, ses reins se tendre et ses aréoles s'embraser. La nuque tendue et les sens enflammés, le désir lui arqua soudain le dos en une ruade involontaire. Le mouvement attira l'attention d'Amadou, qui lui sourit ( oh ! ce sourire ! ) et dit quelque chose qu'elle n'entendit pas.
Elle s'efforça de se concentrer sur ses paroles. Que disait-il ? Son cœur palpita, puis s'assagit.

"Tu ne bois pas ton infusion, délicieuse Cindy ? Elle refroidit..."
Son infusion ? Ah oui ! Elle regarda sans la voir la tasse en porcelaine pervenche. Elle imaginait la main d'Amadou sur son poignet, le velouté de ses doigts au creux de son coude, et frissonna.
Il s'en aperçut, se méprit sur l'origine de son trouble, et crut qu'elle gardait une tristesse honteuse de sa découverte dans le jacuzzi. Un objet si peu convenable, dans ses blanches mains innocentes !! C'est intolérable ! Indigné, le souffle lui manqua.

Il s'approcha d'elle, la mine soucieuse, posa sa tasse et s'agenouilla à ses pieds. Ses grandes mains pressèrent les épaules de Cindy. Elle sentit ses yeux s'embuer alors qu'il se penchait à son oreille pour murmurer des paroles rassurantes. Elle s'emplit les poumons de son odeur de mâle, et souhaita ardemment, à cet instant, s'abandonner aux bras aimés. Mais un sursaut de pudeur la ramena à la réalité, à Steeve et Connie, tout proches.

Elle se redressa, mais au moment où elle se dégageait des mains d'ébène, Amadou la retint, et de sa belle voix grave, lui murmura à l'oreille :

"Ngantou-kpaa oba lass'ou tant'taa" (Traduction approximative : "Le chat parait tigre aux yeux de la chatte amoureuse")
 
Dernière édition par un modérateur :

DeletedUser16895

Guest
Chapitre dix-neuvième

Cindy se coiffait d'une seule main, avec sa toute nouvelle brosse à cheveux reçue par colis-express, dans un coffret en palissandre fermé par un ruban de soie.
Elle se coiffait adroitement et avec une grande distinction, et elle en était ravie.
De la main gauche, elle tirait sa petite valise dont les roulettes chantaient l'hymne national en cadence. C'était un peu bruyant, et parfois cela dérangeait son entourage, mais Cindy n'en avait cure. Elle adorait son petit trolley, même s'il n'était pas rose. (Québec Hairlines préférait, pour son personnel, "des valises aux couleurs plus neutres, disons... plus passe-partout, Mademoiselle Love")

Cindy rentrait d'une quinzaine éprouvante. Les vols s'étaient enchainés à une cadence folle, et deux formations du personnel naviguant avaient alourdi un planning déjà chargé.

Cela l'avait détourné du tonnerre qui commençait à rugir en elle. Elle s'était efforcée, au court des quinze derniers jours, de ne plus trop penser à Amadou et de se concentrer sur son travail.

Cindy traversait le hall de l'aéroport, un endroit qu'elle aimait tout particulièrement. Tant de choses se passaient entre ces murs de verre ! Des départs, des retrouvailles, des séparations, des larmes et des cris de joie... Que d'émotions, de rires, de disputes aussi !
Cindy se plaisait à imaginer les vies de ces personnes inconnues d'elle. Qui étaient-ils ? Qu'est-ce qui faisait battre leur cœur ? Comment imaginaient-ils leurs vies dans 10 ou 20 ans ?
Oh ! Comme c'était exaltant de se projeter ainsi, de s'évader, entre le café et le croissant, attablée au bar français de l'aéroport !

Cindy continuait son chemin vers la paroi de verre qui donnait vue sur les pistes. Elle s’arrêta devant la vitre, le soleil estival se réverbérait dans les vitres et dans ses yeux...

C'est alors que le haut-parleur s'apprêta à diffuser une annonce "Ding dong" ! Toutes les personnes présentes dans le hall, Cindy, les passagers, les vigiles, l'homme de ménage, même le serveur du bar français tendirent l'oreille pour saisir le message :

"Ding dong !! Nous informons nos aimables voyageurs que :
Squiwtch froum'staa la'tann-brrrrrr pkoumtass' ( traduction approximative : "Lorsque froide est la nuit, la sève de l'érable jaillit" )
 
Dernière édition par un modérateur :
Haut